"ANIMA" par la compagnie Arrangement provisoire - Jordi Galí
H moins 1h30, la structure est en place, les fils colorés semblent entremêlés...
Nous sommes dans un jardin public, l’ensemble fait penser à une toile d’araignée sur laquelle les enfants adorent évoluer dans les parcs de jeux.
Les sonneurs s’échauffent ... Image insolite : l’un d’eux joue sur un tourniquet en mouvement.
Le public s’installe bien sagement, la matinée est très paisible.
A l’heure dite, les sonneurs tiennent la note...
Six artistes se présentent, lunettes noires et marinières colorées. Le "maître d’oeuvre" s’assoit et, presque timidement, dirige la manoeuvre. La structure commence à se développer. Les artistes-artisans dénouent, tirent, renouent, s’éloignent, se rapprochent, c’est un ballet de corps et de cordes. Les gestes sont précis, minutieux, les cordes sont bien alignées, tout est magnifiquement orchestré. Les mouvements des artistes sont lents, harmonieux et, comme il se doit, la structure s’élève lentement , harmonieusement... Le "chef d’orchestre" d’oeuvre n’a pas de baguette mais ses doigts et ses yeux font leur office.
Les sonneurs évoluent autour de l’oeuvre, leur musique lanscinante semble aider à l’élévation de la structure.
Laurence m’a susurré à l’oreille que, à Moëlan sur Mer, pays de marins, cet élan solidaire lui évoquait l’image des matelots qui hissent la voilure.
Les cordes sont tendues, les symétries sont parfaites, le dernier mât se dresse au faîte... Voilure, cathédrale, pyramide ou autre ?
J’ai envie d’applaudir, je m’abstiens...Il est déjà temps de redescendre l’ensemble... La beauté est parfois trop fugitive.
Le public, cette fois, ne retient pas ses applaudissements.
Quelle technicité, quelle architecture ! Il y a ce que l’on voit, il y a ce que l’on imagine ... et il y a l’avant, le travail préalable, qu’on a du mal à évaluer.
Chapeau les artistes !
Je n’ai pu m’empêcher de dire à un copain : "Quel bol d’avoir pu voir ça, j’ai bien fait de venir !"
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